Gosette Lubondo

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Gosette Lubondo

République démocratique du Congo

Née à Kinshasa en 1993, Gosette Lubondo est confrontée de manière très précoce à la photographie par le biais de son père, photographe de profession. Elle s’essaie à la photographie de studio dès l’âge de 14 ans et participe à plusieurs ateliers de collectifs kinois (Eza Possibles et M’Pongo) et au workshop « Les Lieux » animé par le photographe belge Alexandre Christiaens. En 2014 elle obtient son diplôme en communication visuelle à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et participe à sa première exposition,Lady by Lady, à Kinshasa, événement organisé par le Centre Wallonie-Bruxelles en partenariat avec le KinArtStudio. En 2015, la photographe participe aux échanges et lectures de portfolios organisés dans le cadre de la biennale photographique de Bamako avec le soutien du Goethe Institut de Johannesburg et sous l’égide du critique d’art Simon Njami. Sa série Imaginary Trip a été présentée dans le cadre de la biennale 2016 de Kampala (Ouganda) et lors de l’édition 2017 de Art Paris Art Fair où elle est représentée par la galerie L’Agence à Paris.

Imaginary Trip II

Résidences photographiques 2017

Le projet photographique Imaginary Trip II s’inscrit dans la continuité des recherches de l’artiste sur la mémoire des espaces et des individus. Développé en 2016 avec sa série Imaginary Trip I, le « voyage imaginaire » est un concept qui consiste à investir des espaces abandonnés, livrés à la nature, afin d’y camper des mises en scène et reconstitutions. Ces photographies ne cherchent pas uniquement à préserver la mémoire de ces lieux, mais également à donner un nouvel éclairage de leur histoire, et à questionner leur signification dans le contexte sociétal actuel.

Pour les Résidences photographiques du musée du quai Branly - Jacques Chirac, Gosette Lubondo a choisi de travailler dans l’ancienne école du village de Gombe Matadi, dans la région du Congo Central, située au sud-ouest de la République Démocratique du Congo. Fondée en 1936, à l’époque du Congo belge, par le frère Adrien, membre de la Congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes, elle centralise à l’époque l’enseignement des nouveaux collégiens issus des écoles rurales de la région, d’où son nom d’« École centrale ». Internat de prestige très sélectif, l’école pouvait à l’époque accueillir jusqu’à 500 élèves.
Dans les années 1970, les Frères sont cependant obligés de céder l’école au nouveau gouvernement du président Joseph‑Désiré Mobutu, qui procède à une étatisation radicale et à la « zaïrisation » du pays. L’exode rural que provoque cette politique, assène le coup de grâce à l’« École centrale » qui
tombe alors en désuétude.

En se confrontant à ce lieu du passé, la photographe Gosette Lubondo questionne autant l’Histoire de son pays que son histoire personnelle. C’est en effet par ses parents qu’elle a pris connaissance de ce lieu fantôme, qui représente pour la génération dont ces derniers sont issus, un fantasme, un rêve figé dans le temps. En se mettant par ailleurs en scène aux côtés d’autres modèles sous les traits de personnages fictifs du passé, écoliers, enseignants ou encore personnel de l’établissement, la photographe cherche à raviver l’histoire de ce lieu, témoin historique de l’époque coloniale. Ses photographies, figurant des personnages anonymes, sous un aspect fantomatique et dans une temporalité ambiguë, interrogent la réalité de ces lieux ruinés.

Série réalisée en 2017-2018.